La Première Guerre mondiale
Production de dessins datant de la Première Guerre mondiale, durant laquelle Fernand Léger a combattu.
Les objets
Peinture
Le 14 Juillet
1914
C'est dans le paysage urbain moderne, que Léger trouve le fondement de sa pratique artistique. La fête populaire du 14 juillet est en adéquation complète avec ses recherches cubistes du moment. La couleur appliquée de façon parcellaire vibre intensément, la multiplication des couleurs primaires du drapeau français placées au premier plan en accentue les effets. Les traits noirs du dessin traduisent le geste spontané de l'artiste. Dénué de toute perspective logique, l'espace est dense. Le mouvement répété des lignes courbes est rythmé par la traversée verticale des mats. Le vocabulaire formel réduit a minima et la puissance des contrastes rendent compte de l'effervescence de la fête. Cette peinture est restée dans son atelier durant toute sa vie, comme pour lui rappeler les derniers moments heureux, avant son départ pour la guerre. Léger affirmera que ses "contrastes de formes" d'avant-guerre préfiguraient la violence du conflit. Donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969 Fernand Léger, Le 14 Juillet, 1914, huile sur toile, 65,5 x 58,5cm, donation de Nadia Léger et de Georges Bauquier, musée national Fernand Léger, Biot. © RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.
encre sur papier
Sans titre, « En attendant le départ »
1914
En août 1914, la déclaration de guerre, puis l'ordre de mobilisation générale enlève le peintre à la scène artistique. Mobilisé à Versailles en qualité de sapeur dans les troupes du Génie, Léger attend le départ pour le front. Ses dessins fixent les derniers instants de bonheur: le souvenir de Jeanne, sa future femme qu'il portraiture de profil avec lui. Sans recherche stylistique précise, cette série de portraits rare et touchante dévoile exceptionnellement la vie sentimentale du peintre. Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969 Musée national Fernand Léger Inv. MNFL 96097 Fernand Léger, Sans titre, « En attendant le départ », 1914, encre sur papier, 20 x 15 cm, donation de Nadia Léger et de Georges Bauquier, musée national Fernand Léger, Biot. © RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.
crayon sur papier
Sans titre, Verdun, dessin du front
Vers 1915
Au front, brancardier et trop souvent fossoyeur, Léger dessine, dès qu’il le peut, après les offensives, sur des cartes-lettres ou sur le dos de cartes d’état- major. Témoignages de la guerre, ses dessins accompagnent ses lettres à Jeanne, à ses amis et à sa famille. Ils sont une manière de compenser l'impossibilité de peindre. A chaque épreuve, une nouvelle production de dessins relate les cadavres en morceaux, les ruines des villes et les formes déchiquetées fondues dans la boue et les cendres. De manière surprenante, le morcellement cubiste renvoie au chaos du paysage des tranchées et des corps mis en pièces. Léger fait d'ailleurs le rapprochement dans une lettre à Jeanne datée du 28 mars 1915 « Il n'y a pas plus cubiste qu'une guerre comme celle-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et qui l'envoie aux quatre points cardinaux ... » Dans ce chaos, la présence des hommes, héros anonymes et l’importance des objets sont une révélation pour l’homme et l’artiste. Épuisé, après plusieurs hospitalisations en 1917 puis réformé temporaire, Léger rejoint pour sa convalescence Jeanne à Vernon. A partir d'une sélection de ses dessins du front, il peint La Partie de cartes, où les soldats médaillés pareils à des robots rendent compte du chaos de la guerre. A Paris, pour Blaise Cendrars, qui a perdu son bras au front, il illustre J’ai Tué publié à la Belle édition en 1918. Donation Nadia Léger et Georges Bauquier,1969 Musée national Fernand Léger Inv. MNFL 96018 Fernand Léger, Sans titre, Verdun, dessin du front, vers 1915, crayon sur papier, 21,2 x 16,3 cm, donation de Nadia Léger et de Georges Bauquier, musée national Fernand Léger, Biot. © RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.
gouache et crayon sur papier
La Cocarde, l'avion brisé
Vers 1916
La guerre a le pouvoir de mettre à nu la vérité des hommes et des objets. Après les longues et sanglantes batailles, Léger identifie la cocarde d'un avion brisé au milieu de la boue. Une autre fois, la lumière sur l'acier des canons lui révèle des effets plastiques nouveaux qui le rattachent à la vie : « …je fus ébloui par une culasse de canon de 75 ouverte en plein soleil, magie de la lumière sur le métal blanc… Quand j’ai mordu dans cette réalité, l’objet ne m’a plus quitté. » Léger n'a que rarement à sa disposition de la gouache ou de l'aquarelle pour traduire ces révélations plastiques. D'où le caractère exceptionnel de cette oeuvre polychrome pour cette période. Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969 Musée national Fernand Léger Inv. MNFL 96031 Fernand Léger, La Cocarde, l'avion brisé, vers 1916, gouache et crayon sur papier, 23 x 29,1 cm, donation de Nadia Léger et de Georges Bauquier, musée national Fernand Léger, Biot. © RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.