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les années 40, la période américaine

Les objets

gouache sur papier

New York

1938

Pendant son séjour à New York en 1938, Léger propose de décorer le hall de Radio City, l’une des tours les plus prestigieuses du nouveau complexe édifié par Rockefeller en plein cœur de Manhattan. Le peintre souhaite expérimenter une nouvelle manière d'animer le mur avec la projection de compositions réalisées sur le thème de New York, sur des écrans placés sur le pignon au-dessus d’un escalator. Ce projet audacieux et gigantesque intitulé Cinematic mural n'est pas réalisé, faute de moyens techniques. Ce dessin préparatoire donne à voir les rues de New York, « le plus colossal spectacle du monde » pour le peintre. Au travers des gratte-ciel, s’imbriquent des éléments hétéroclites et colorés : échafaudages, lettres colossales, panneaux publicitaires, disques ou cheminées de bateaux, autant d'éléments du spectacle urbain qui rappellent la fascination de Léger pour l'architecture verticale du Nouveau Monde. Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969 Musée national Fernand Léger, Inv.  MNFL 96041   Fernand Léger, New York, 1938, gouache sur papier, 27,8 x 21,7 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021. 

New York

Peinture

Les Quatre cyclistes

1943-1948

Exilé aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, Léger enseigne à l'université de Yale, puis à Mills College. Il y croise les jeunes étudiantes vêtues de couleurs criardes non conformistes, qui l'inspirent pour une série de dessins et de tableaux intitulée Les Cyclistes. « Le mauvais goût, la couleur forte peut donner ici le plein usage de son pouvoir... si je n'avais vu ici que des filles habillées avec goût, je n'aurais pas peint ma série des cyclistes. ». Fidèle à sa conception de la « figure objet », le peintre fige les cyclistes avec leurs vélos de course dans une pose frontale. Les couleurs distribuées librement sur la toile animent l'espace contenu du tableau. Cet effet de coloration parcellaire, Léger l'a maintes fois observé dans les rues à New York sous les publicités clignotantes. Le peintre explique : « ... je parlais à quelqu'un, il avait la figure bleue, puis vingt secondes après, il devient jaune...cette couleur-là... elle était libre, dans l'espace. J'ai voulu faire la même chose dans mes toiles. ». La couleur en dehors du trait, librement distribuée, est expérimentée pour la première fois dans cette œuvre commencée en 1943 aux Etats-Unis et terminée en 1948 à son retour en France, comme il l'indique à côté de sa signature. Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969. Musée national Fernand Léger,  Inv. MNFL 98005   Fernand Léger, Les Quatre cyclistes, 1943-1948, 129 x 161,5 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.

Les Quatre cyclistes

Peinture

Les Plongeurs polychromes

1942-1946

« En 1940, je travaillais mes plongeurs à Marseille, cinq ou six personnes en train de plonger. Je pars aux Etats-Unis et je vais un jour dans une piscine. Les plongeurs n'étaient plus cinq ou six, mais deux cents à la fois. Allez vous y reconnaître ! A qui la tête ? A qui la jambe? A qui les bras ? Je ne savais plus. Alors j'ai fait les membres dispersés dans mon tableau. En faisant cela, je crois être beaucoup plus vrai que Michel-Ange quand il étudie le détail des muscles de chaque membre (à propos de la chapelle Sixtine)… Moi, je vous assure que lorsque les garçons de Marseille se précipitaient dans l'eau, je n'avais pas le temps d'apercevoir les détails, et mes plongeurs, ils tombent. » Léger peint une série de dessins et de toiles sur ce motif, souvent de grandes dimensions en espérant trouver commande pour décorer un mur d'une surface importante avec des plongeurs « dans l'espace ». L'architecte W.K. Harrison lui donne cette possibilité pour le mur de  la salle à manger de sa maison à Huntington, Long Island.  Ce tableau ramenés des Etats-Unis est conservé par l'artiste dans son atelier comme un référent de sa « période américaine » exprimant avec une puissante dynamique le mouvement des formes et des corps humains affranchis de toute gravité. Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969 Musée national Fernand Léger, Inv. MNFL 98004   Fernand Léger, Les Plongeurs polychromes, 1942-1946, huile sur toile, 250 x 186 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.

Les Plongeurs polychromes

Peinture

Les deux Guidons

1945

Utilisant souvent comme au cinéma l'effet du gros plan pour ses compositions picturales, Léger se concentre sur la beauté plastique du détail de l'objet. La désertification des campagnes américaines en 1943 offre au peintre des découvertes insolites : roues brisées, socs de charrues, treillis abandonnés dans la nature envahissante. Les deux guidons isolés, recadrés et stylisés au-delà de leur représentation formelle transposent sur la toile une foule de suggestions. Magnifiés par la couleur, mis en avant par un dispositif de traits circulaires, les guidons animent toute la toile pour exprimer le fait plastique inédit mais bien réel d'un élément mécanique vibrant dans le soleil. Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969 Musée national Fernand Léger Inv. MNFL 98011   Fernand Léger, Les deux Guidons, 1945, huile sur toile, 50,7 x 40,5 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.

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© Photo : RMN-GP / Gérard Blot ADAGP, Paris, 2020.
Les deux Guidons

Encre et gouache sur papier

Etude pour le portrait de Madame D.

vers 1938

Tirée d'un grand carnet à dessin, cette étude  répond à la commande exceptionnelle du portrait de Mrs Maud Dale. Déterminé à peindre les choses et les personnages sans tenir compte des émotions et des sentiments, Léger s'est presque toujours gardé d'accepter ce genre d'exercice dans sa carrière. Il s'agit donc d'une exception, puisque dans ce cas précis, le peintre s'est engagé à peindre une femme du monde, épouse d'un riche businessman américain, collectionneur de tableaux. Rien de spontané, la pose est calculée et les dessins du carnet envisagent toutes les possibilités. Debout ou assise ? Devant le décor de la salle à manger ou de la bibliothèque ? Cette étude axée sur la position du buste, décalé vers la droite, donne à voir la bibliothèque et le dossier du fauteuil finement canelé. L'encre et la gouache déterminent l'essentiel du modèle habillé d'une robe simple agrémenté d'une écharpe drapée sur l'épaule. Le grand portrait final, conservé par la National Gallery of Art à Washington, met en balance le visage doux doté d'un profond réalisme et la pose hiératique du modèle orné de lourds drapés, telle une sculpture classique marquant la dignité de la bienfaitrice. Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969 Musée national Fernand Léger Inv. MNFL 98015   Fernand Léger, Etude pour le portrait de Madame D., vers 1938, encre et gouache sur papier, 53,8 x 46,6 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.

Etude pour le portrait de Madame D.