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les années 50, les loisirs et le cirque

Les objets

Peinture

Le Campeur

1954

En 1954, Fernand Léger réalise une série de toiles sur le thème de la sortie à la campagne, sujet souvent traité par les artistes. Le Campeur s’inscrit dans cette thématique. Les visages des personnages sont impassibles et traduisent la quiétude de la scène. La sérénité l’emporte. Les attributs des personnages indiquent les activités recommandées. Au centre du tableau, la femme tient un bouquet de fruits et de fleurs, tel un trophée symbolisant l’abondance de la nature. Thème cher à Léger, la modernité, est évoquée par le pylône au deuxième plan sur la gauche. Cette œuvre semble promouvoir le bénéfice du repos dans la nature au moyen d’un langage plastique réduit à l’essentiel. L’utopie de Fernand léger en faveur d’un temps libre pour tous est ici enfin réalisée.    Donation Nadia Léger et Georges Bauquier, 1969. Musée national Fernand Léger Inv. MNFL 98003   Fernand Léger, Le campeur, 1954, huile sur toile, 27,8 x 24,6 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.

Le Campeur

Peinture

La Grande Parade sur fond rouge

1953

De part et d’autre de la lettre C, neuf personnages (clowns, acrobates, écuyers, animaux) semblent poser pour le photographe. Cernés de noir et se détachant dans un bloc flottant sur un fond rouge, ils constituent une fresque à la fois synthétique et tourbillonnante qui condense la théorie picturale de Fernand Léger. Soucieux d’un art direct et accessible à tous, l'artiste abandonne à son retour de la guerre en 1918 sa série cubiste des contrastes de formes et illustre désormais les mythes contemporains. Son œuvre déploie ainsi jusqu’à sa mort le thème des loisirs populaires tels les cyclistes ou le spectacle et en particulier le cirque. Selon son habitude, l’artiste a réalisé plusieurs versions - dont celle-ci, très graphique – avant de réaliser l'œuvre définitive qui appartient désormais au musée Guggenheim de New York. Donation de Nadia Léger et Georges Bauquier. Musée national Fernand Léger, Biot, MNFL 96006   Fernand Léger, La Grande Parade sur fond rouge, 1953, huile sur toile, 114,5 x 156,2 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.

La Grande Parade sur fond rouge

Peinture

Les loisirs sur fond rouge

1949

Cette composition avec six personnages illustre l’esthétique efficace et la sensibilité sociale de Fernand Léger à son retour en France après l’exil américain. Les formes sont centrées sur un fond uni rouge grâce à un cerne noir qui isole et accentue le contraste des formes et des couleurs. Occupés aux joies simples de la détente familiale en plein air (vélo, baignade, cueillette de fleurs), les deux couples avec enfants forment une allégorie moderne qui dialogue avec l’Histoire de l’art. En effet, dans la version finale conservée au musée national d’art moderne, Paris, la pose de la femme allongée au premier plan fait directement écho à l'œuvre Marat assassiné du peintre Louis David. Cette composition témoigne aussi des vifs débats qui animent la sphère artistique depuis les années 30 sur la place de l’art dans la société. Appartenant à la série des grandes compositions picturales de l’après-guerre, l’œuvre reflète l’engagement tant artistique que politique de l'artiste à la recherche d’un art d’avant-garde compréhensible par tous. Donation de Nadia Léger et Georges Bauquier. Musée national Fernand Léger, Biot. MNFL 96010   Fernand Léger, Les loisirs sur fond rouge, 1949, huile sur toile, 113 x 146 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.

Les loisirs sur fond rouge

gouache et encre sur papier

Sans titre, étude pour la partie de campagne

1954

Cette étude préparatoire pour La Partie de campagne s’inscrit dans le travail en grandes séries, caractéristique des dernières années de la vie de Fernand Léger. Les formes surlignées de noir campent quatre personnages accompagnés d’un chien dans un paysage bucolique. Placée en dehors des cernes, la couleur dynamise la composition statique par surimpression. A gauche, le mécanicien témoigne des loisirs simples d’une famille d’ouvriers dans l’après-guerre tandis qu’à droite, deux femmes semblent jouer un double rôle, à la fois baigneuses et acrobates. Comme souvent chez l’artiste, les thématiques glissent d’une série à l’autre ici un clin d’œil à la série du cirque. L’atemporalité et l’insertion dans un contexte social caractérisent la double aspiration de Fernand Léger à la fin de sa vie : un art moderne compréhensible par tous, une scène de genre classique digne des musées. Dans la version  appartenant au Musée national d’art moderne, Paris et déposée au musée d'art moderne de Saint-Etienne la couleur réintègre chaque forme et respecte le ton local de la scène bucolique. Donation de Nadia Léger et Georges Bauquier. Musée national Fernand Léger, Biot. MNFL 96043   Fernand Léger, étude pour La Partie de campagne, 1954, gouache et encre sur papier, 19,2 x 26,8 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021.

Sans titre, étude pour la partie de campagne

Livres imprimés

Le Cirque

1950

A la demande du grand éditeur d'art Tériade, Fernand Léger réalise entièrement un livre d'artiste de 113 pages dédié au cirque. Comportant des vignettes, le texte écrit par l'artiste alterne avec 63 illustrations en couleurs et en noir et blanc. Il s'agit d'une invitation au voyage « au pays des cercles en action » où la forme ronde jalonne les tableaux de la vie moderne qui se déploient au fil des pages. Le lecteur devient ainsi cycliste et découvre la campagne agricole d'après-guerre, traversée par ses acteurs : animaux, paysans, machines. La promenade se poursuit en pénétrant le chapiteau où le lecteur devient spectateur et plonge au cœur de l'action. La grande parade avec tintamarre musical, clowns et trapézistes, danseuses et animaux savants tourbillonne autour de lui, tel un travelling cinématographique scandé par des irruptions d'images générant un effet kaléidoscopique. Ce livre-testament offre une synthèse de la pensée plastique et philosophique de Fernand Léger : l'artiste moderne doit traduire l'intensité de la vie d'aujourd'hui en s'immergeant dans le quotidien sans cesse changeant et en utilisant des procédés nouveaux tel le cinéma. Le cirque se veut chez Léger une métaphore de l’existence moderne car il condense en un seul spectacle la stimulation permanente des sens et l'excitation ambigüe devant le risque. Editeur : Tériade, éditions Verve, Paris Donation : Alice Tériade Musée national Fernand Léger, Biot. MNFL 96099   Fernand Léger, Le Cirque, 1950, Album, couverture, frontispice et lithographies de Fernand Léger, 42,2 x 35,5 x 4 cm, donation de Nadia Léger et Georges Bauquier, musée national Fernand Léger. Photo : RMN-GP / Gérard Blot © ADAGP, Paris, 2021. 

Le Cirque