Aller au contenu principal

Historique de la Triennale

Inauguré le 13 mai 1960, le musée national Fernand Léger de Biot est cédé à l’Etat français en 1969 par les propriétaires de l’établissement, Nadia Léger et George Bauquier.

A partir de 1987 et jusqu’en 1990, le bâtiment fait l’objet d’un agrandissement confié par le Ministère de la culture à l’architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux, Bernard Schoebel. La construction d’une nouvelle aile en équerre par rapport au bâtiment d’origine, vient doubler la surface d’exposition à environ 1 500 m². Tout comme pour la façade principale du musée, le parti pris d’intégrer les projets artistiques de Fernand Léger au sein de l’architecture du bâtiment est reconduit lors du projet d'agrandissement. En 1987, lorsque des travaux sont entrepris afin de doter le musée d’une nouvelle aile, le décor des façades de cette extension est de nouveau confié à Heidi Melano. 

Maquette de l'agrandissement du musée avec une nouvelle aile
Maquette du projet d’extension par l’architecte Schoebel, 1989 © Archives du musée national Fernand Léger, Biot

 

Heidi Melano, une maître mosaïste

Mosaïste installée à Biot, Heidi Melano (1929-2014) est spécialisée dans l’interprétation d’œuvres d’artistes du XXe siècle. Son défunt mari, Lino Melano fut le mosaïste attitré de Fernand Léger. Ensemble, le couple a notamment réalisé la première mosaïque monumentale du musée sur la façade Sud du bâtiment d’origine. A la demande de Georges Bauquier, Heidi Melano exécute plusieurs mosaïques monumentales pour la nouvelle aile du musée. Côté parc, la façade reprend l’immense tableau Composition murale que Fernand Léger a peint pour le Pavillon français de la Triennale de Milan de 1951, à la demande de Charlotte Perriand.

Heidi Melano devant la façade du musée Fernand Léger
Heidi Melano devant la façade de la Triennale de Milan en plein chantier © Tous droits réservés

 

Constituée d’un seul panneau de 12 mètres de hauteur pour 25 mètres de largeur, l’œuvre est indépendante de l’architecture car reposant sur une structure porteuse formée d’un cadre en béton. Cette mosaïque du musée national Fernand Léger se déploie sur 300 m2

Le chantier s’avère difficile pour la mosaïste qui fait face à plusieurs problématiques techniques. Lorsque le chantier est entamé, ses suggestions – à savoir l’emploi d’un grillage recouvert de crépi, qui doit garantir l’adhésion de la mosaïque – sont rejetées au profit d’une autre technique : un quadrillage de joints de dilatation. Plus tard, un problème est décelé dans la pose de l’enduit, qui est alors repris, tandis que des désaccords sur le plan technique restent latents au cours de la pose de la mosaïque.

La mosaïque est finalement réalisée entre 1989 et 1990, mais l’apparition de fissures et la chute de tesselles est constatée dès 1992. Plusieurs actions de restauration sont menées entre 1998 et 2016, sans parvenir à assurer la conservation de la mosaïque de manière pérenne. Le 14 novembre 2013, le restaurateur Lionel Lefèvre remet un constat d’état des mosaïques des façades Est et Ouest ainsi qu’un rapport d’intervention sur les mosaïques de la façade Est qui rencontrent les mêmes problématiques d’instabilité et de chutes.

En 2019, alors que des dégradations importantes sont constatées sur le décor de la façade Ouest du musée, une étude est lancée afin d’en identifier les causes précises. Le 2 avril 2019, la restauratrice Astrid Maréchaux remet son constat d’état. Il met en avant l’absence de véritables joints permettant de maintenir les tesselles et centre son propos sur les sept cassures qui traversent la mosaïque. Reprises au cours des précédentes interventions de restauration, ces fissures sont responsables de l’altérations structurelles. Selon ce constat, 20 à 30% de la mosaïque sonne creux et menace de chuter. La solution durable serait de traiter tout le support. Cela implique des opérations de très grande envergure avec la dépose de la mosaïque et le remplacement des agglomérés creux. Enfin, la façade en mosaïque dite de La Triennale de Milan présente des altérations liées à une longue exposition aux intempéries, notamment dues aux malfaçons datant de la mise en œuvre du support d’origine. 

Grâce aux relevés effectués et à la pose d’un diagnostic, une vaste campagne de restauration est entamée depuis fin 2024, afin d’en assurer sa préservation de manière durable. Découvrez l'article dédié au chantier en cliquant ici.

Pour plus d'informations sur les bâtiments et le jardin, cliquez ici

 

Vue de la façade ouest du musée national Fernand Léger, à Biot. Mosaïque polychrome réalisée en 1989 par Heidi Melano, d'après une peinture murale de F. Léger pour la Triennale de Milan de 1951. © Photo: musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes / Gilles Ehrentrant © ADAGP, Paris, 2025.


 

 

À découvrir