Fictions du « je » ; chronique d’une mort annoncée ?
Le 9 décembre 2025
19:00 - 20:30
Type(s) de publicAdultes, Etudiants
Et si le « moi » n’était que fiction, un maillage subtil de représentations et de discours ? Et si le visage n’était que le support de ces significations, évoluant au gré des mentalités et des conceptions du monde ? Si une société se définit d'abord par l'idée qu'elle se fait d'elle-même, le visage est un prisme privilégié pour saisir les paradigmes d'une époque. Il donne à voir la manière dont les individus se représentent, se pensent, s'idéalisent, bref se « réfléchissent », au double sens du terme. Des masques aux selfies, l’histoire du visage est celle d’une invention qui s’ignore. Une invention qui érigea l’espèce humaine, ou plutôt l’homme blanc occidental, au sommet d’une pyramide sur le point de s’inverser. Du fait de son impossible auto-perception, l’humain s’est doté d’ « organes artificiels » prolongeant son moi. Le masque est la version archaïque de ce phénomène d’extériorisation qui, de l’instauration du sujet moderne par la photographie à nos avatars numériques, refonde en permanence nos identités.
Marion Zilio
Marion Zilio est enseignante, autrice et curatrice. Elle a notamment publié Faceworld. Le visage au 21e siècle, (PUF, 2018), et Le livre des larves. Comment nous sommes devenus nos proies (PUF, 2020). Son prochain livre, La lutte des mondes. Fascisme et délire à l’ère des multivers, est à paraître en 2026.
Ce cycle de conférences est une co-production des Musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes et de la Direction de la Culture de Université Côte d’Azur, en partenariat avec le CRHI - Centre de Recherches en Histoire des Idées, etavec le soutien de l’association des amis du musée national Marc Chagall.
Ouvert tous les jours, sauf les mardis, 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
De novembre à fin avril: de 10h à 13h et de 14h30 à 17h
de mai à fin octobre: 10h à 13h et de 14h30 à 18h
Tarifs
Conférence à l'auditorium du musée Entrée libre, dans la limite des places disponibles.