Mathieu Pernot (c) photographie
exposition passée

Mathieu Pernot

Fragments d'histoires
du 19 septembre 2015 au 4 janvier 2016
Musée national Pablo Picasso, La Guerre et la Paix


Cette exposition s’inscrit dans la série des invitations faites par les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes à des artistes contemporains d’exposer dans la chapelle du musée national Pablo Picasso de Vallauris. Pensées en résonance avec le chef-d’œuvre de Picasso, La Guerre et la Paix, ces expositions explorent des propositions contemporaines autour du thème de l’engagement.

Les thèmes de l’identité et de la mémoire sont au coeur du travail de Mathieu Pernot (né en 1970). Depuis une vingtaine d’années, son travail documente dans des séries - Roumanie (1998), Portes (2001), Les Hurleurs (2001-2004), La ville aveugle (2003), Implosions (2001-2008), Les Migrants (2009), La Jungle (2009-2010), Le Feu (2013) - les franges sociales du monde contemporain. Photographe, il réalise aussi des installations et enrichit sa réflexion sur l’histoire par un travail sur les archives qu’il présente à l’état brut (Un camp pour les Bohémiens, 1998-1999) ou passées au filtre de son analyse puis d’une retranscription artistique, (Le Grand Ensemble, 2006, L’Asile des photographies, 2010-2013).

L’exposition est une occasion de donner de la visibilité à ceux qui vivent ou ont vécu dans les marges de notre société tout en s'interrogeant sur les conditions de cette représentation. Pour Vallauris, Mathieu Pernot propose une installation à partir d’un travail qu’il poursuit actuellement sur le camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales). Ce camp militaire a été créé en 1875 : au cours du XXe siècle, ses baraquements ont été successivement utilisés pour recevoir les réfugiés républicains de la guerre civile espagnole (1939), interner les victimes du régime de Vichy (1941-1942), héberger dans des conditions précaires les familles harkis à partir de 1962. Depuis 2007, le camp n’est plus utilisé, les bâtiments abandonnés se dégradent, les murs des baraquements s’écroulent.

Depuis 2012, Mathieu Pernot prélève des fragments de ces murs effondrés pour les exposer dans différents contextes. En remettant ces fragments de mur en position verticale, Mathieu Pernot rappelle leur fonction historique de délimitation et de clôture. Il leur confère aussi une valeur symbolique de « monument », entendu au sens étymologique de « ce qui permet de se souvenir ». Ce mur devient une forme d’archive architecturale, qui condense et matérialise une mémoire collective.

Dans le chevet de la chapelle Picasso, Mathieu Pernot a souhaité la présence de cinq photographies de la série des Hurleurs (2001-2004), cinq personnes qui crient pour communiquer avec des membres de leur famille incarcérés. Ils sont placés dans l’abside de la chapelle, tel un chœur dont le cri collectif traverserait et renverserait Le Mur de Rivesaltes. La force de ces paroles lancées par-delà les parois infranchissables semble conjurer l’enfermement et l’isolement.

Dans ses photographies et installations, Mathieu Pernot prélève des fragments du réel. Leur réagencement dans le cadre de l’exposition transfigure ces images puissantes dont la force tient à la fois à leur implacable qualité documentaire et à leur force poétique. C’est le cas, en particulier, d’une photographie inédite (Sans titre, Paris, 2009), choisie par l’artiste pour dialoguer avec le chef-d’oeuvre de Picasso, La Guerre et La Paix.

Dans la chapelle, Picasso figure avec une puissance inégalée les malheurs de La Guerre. En exposant les fragments des baraquements de Rivesaltes, Mathieu Pernot nous rappelle les conditions de vie des populations civiles confrontées à la guerre et à ses conséquences; dans leur simplicité, leur matérialité, ces murs constituent une image concrète et symbolique des situations d’enfermement.

Cette exposition, organisée par les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes, bénéficie du soutien de la Banque Populaire Côte d’Azur pour la publication d’un catalogue.
 

Commissariat:
Anne Dopffer, conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes
Johanne Lindskog, conservatrice du patrimoine, musée national Marc Chagall

 

Visuel : Mathieu Pernot, Sans titre, 2009, Paris. Photographie. Courtesy galerie Eric Dupont, Paris, 2016. 

Durant l'année (tous les jours, sauf le mardi, les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre et 25 décembre) :
de 10h à 12h15 et de 14h à 17h

Horaires d'été (du 1er juillet au 15 septembre):
de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

Plein tarif : 5 €
Tarif réduit 2,50 €
Groupes 2,50 € (à partir de 10 personnes)
Gratuité pour les moins de 26 ans (U.E) et pour tous le 1er dimanche du mois
Billetterie commune avec le musée Magnelli, musée de la Céramique de Vallauris

Adultes Famille Handicap moteur Groupes scolaires
Violaine Lochu
26 juin - 26 septembre 2021 (dates sous réserve de modification)