La restauration de La Guerre et La Paix

La restauration de La Guerre et La Paix en 1998

 

La restauration de La Guerre et la Paix a été effectuée sur place à Vallauris, durant le premier trimestre 1998, sous la maîtrise d'œuvre du service de restauration des musées de France. Les analyses ont été réalisées par le laboratoire des musées de France à Paris, et par le Centre national d'Evaluation de photoprotection à Clermont-Ferrand.


La restauration de La Guerre et la Paix, étude de l' œuvre et découverte.
L'œuvre, peinte avec un matériau à base d'eau, non vernie, n'avait pas été restaurée depuis sa création en 1952, les couleurs étaient encrassées et les coulures d'eau avaient provoqué des décollements de la peinture et des blanchiments. Le support de l'œuvre, 46 panneaux d'isorel, sur une armature de bois fixée au mur par des pattes métalliques, avait également souffert de l'humidité entraînant le gonflement et le délitage des panneaux à la base. La poussière et des gravats s'étaient accumulés au revers des panneaux, provoquant des déformations de la courbure. Lors du démontage, fut découvert sur le crépi ancien du mur, un dessin au fusain représentant une figure humaine. La restauration impliquant une dépose pour laquelle la réalisation des contre-formes respectant la courbure de chacun des panneaux fut nécessaire. Les panneaux ainsi déplacés sans modification de leur courbure ont ensuite été déposés sur des berceaux également aux mêmes formes. Le nettoyage a consisté, selon les zones, en lavage ou gommage, puis refixage des parties délitées, et reconstitution des quelques petites lacunes. Ce nettoyage a permis le rafraîchissement des couleurs et la remise en valeur des matités et des brillances.
Les panneaux ont ensuite été remontés à l'aide de contre-formes sur l'ancienne structure, en excellent état. Le dessin au fusain a été refixé, puis photographié, a été recouvert lors du remontage.


Restauration, conservation préventive et respect du lieu
La restauration a été entreprise à l'issue d'importants travaux d'assainissement de la chapelle, visant à supprimer les causes externes d'humidité. Ces travaux ont été poursuivis lors de la dépose des panneaux par le décapage de la voûte rétablissant la capacité initiale d'aération, garante de la bonne conservation des structures de bois. La muséographie a été revue avec la discrétion qu'exigent le respect des conditions de la présentation de l'œuvre voulues par Picasso et la sobriété d'une architecture du XIIème siècle. L'éclairage de l'œuvre notamment a été repris. La spectaculaire restauration de cette œuvre, a été assurée par le service de restauration des musées de France, dont Gilles Barabant, chargé d'études au service de restauration des musées de France en collaboration avec Daniel Jaunard, Patrick Mandon et Jean Perfettini, restaurateurs ébénistes, Nathalie et Aloÿs de Becdelièvre, restaurateurs de la couche picturale, Florence Cremer, restauratrice de peinture murale.