L'histoire de la collection

vue façade

 

Une donation à l'origine d'un musée national


Le musée national Fernand Léger est l'un des trente-trois musées nationaux français gérés par le Ministère de la Culture et de la Communication. Précurseur sur la Côte d'Azur, il constitue l'un des principaux musées monographiques consacrés à un artiste moderne. Situé au pied du village provençal de Biot, il doit sa raison d'être à la venue régulière de l'artiste dès 1949. A près de 70 ans, le peintre normand expérimente alors la céramique dans l’atelier d'un ancien élève Roland Brice, assisté de son fils Claude. Quinze jours avant son décès brutal, il achète un terrain lôti en août 1955 situé à mi-chemin de la mer.

Un projet décoratif intégré dans l'architecture du musée

Dès 1957, sa veuve Nadia et Georges Bauquier, bras droit de l’artiste, posent la première pierre d'un musée qui sera inauguré en mai 1960. En 1969, l'Etat accepte la donation de Nadia Léger et de Georges Bauquier qui inclut le bâtiment, le jardin et près de 350 oeuvres représentatives de la carrière de l'artiste. Témoin de son époque, l'artiste est marqué par le courant néo-impressionniste au tournant du XXe siècle avant de découvrir Cézanne puis les cubistes à partir de 1907. Dès 1913, sa théorie du contraste des formes et des couleurs s'incarne dans une esthétique puissante adaptée à la vie moderne. Promoteur d'un art accessible à tous, l'artiste expérimente plusieurs médiums d'expression tels que le film expérimental, le spectacle vivant, le livre d'artiste ou les métiers d'art (vitrail, mosaïque, céramique, tapisserie). Grâce à la richesse de sa collection, le musée propose ainsi un parcours cohérent depuis les années 10 jusqu'aux grandes compositions décoratives des années 50.

La collection d’arts graphiques et le fonds d'ouvrages illustrés

Afin d’illustrer la méthode de travail rigoureuse et la pluridisciplinarité de Fernand Léger, le musée conserve un nombre important d’œuvres sur papier aux techniques et aux statuts divers (maquettes pour des projets monumentaux, oeuvres autonomes, livres d'artiste). Trop fragiles pour être exposées en permanence, elles sont présentées dans le cadre d’expositions temporaires. En sus des études pour les costumes et les décors de spectacles dont Skating Rink (1922) créé pour les Ballets suédois à Paris, Léger a également réalisé des maquettes dans le cadre de commandes civiles ou sacrées tels que la mosaïque des litanies de la Vierge pour la façade de l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce au plateau d’Assy en Haute-Savoie (1947) ou les vitraux sur le thème de la Passion du Christ pour l'église du Sacré-Coeur à Audincourt dans le Doubs (1950). Certaines créations témoignent par ailleurs de l’expérience vécue par l’artiste sur le front lors de la Première Guerre mondiale. La collection conserve aussi plusieurs livres d’artiste tels que J’ai tué (texte de Blaise Cendrars) édité par les éditions Crès en 1919 ou Cirque publié en 1950 par Tériade aux éditions Verve. Enfin, les qualités de dessinateur de Léger sont manifestes dans la série d'objets (silex, noix, gants, ciseaux ...) minutieusement  portraiturés au début des années 1930.