Fernand Léger - Biographie

Considéré comme l’une des grandes figures de l’art moderne, Fernand Léger est un peintre français dont l’œuvre, riche et cohérente, traverse toute la première moitié du XXème siècle.

 

1881-1917

De la naissance au combat : l’effervescence cubiste
Rien ne prédestinait Fernand Léger, fils d’un éleveur de bœufs normand, à devenir une figure marquante de l’avant-garde parisienne. Peu studieux mais bon dessinateur, il travaille comme apprenti chez un architecte à Caen.

Il monte à Paris à 19 ans et suit en auditeur libre les cours du peintre Gérôme, à l’Ecole des Beaux‑Arts. En 1907, année décisive pour lui, Léger s’installe à la Ruche dans l’effervescence artistique de Montparnasse, où il se lie d’amitié avec Robert Delaunay, Marc Chagall, Blaise Cendrars…

Amené au cubisme par la leçon de Cézanne, il forge rapidement son propre style en marge des recherches de Braque et Picasso. Pour transcrire le dynamisme de son époque, il développe une peinture basée sur les contrastes de formes et de couleurs, clé de voûte de son esthétique qu'aucune évolution ultérieure ne remettra en cause.

Il expose aux Salons d’Automne et des Indépendants et participe au groupe La Section d’Or. En 1913, le marchand Daniel-Henry Kahnweiler lui propose un contrat d’exclusivité.

Son départ pour la guerre en août 1914 marque une rupture brutale. Au front, Léger dessine sur des supports de fortune, avant d’être hospitalisé puis réformé en 1917.

1918-1930

Peindre la vie moderne : villes, machines et objets
Après la guerre, les thèmes de la ville et de la machine retiennent toute l’attention du peintre. Inspiré par la vie moderne, Léger prône un « nouveau réalisme », accordé à la beauté plastique de la civilisation industrielle. Conscient que la peinture est concurrencée par le spectacle de la grande ville, il intègre à ses compositions, signaux urbains et motifs mécaniques, tandis que la figure humaine, désensualisée et standardisée, est réduite à la géométrie.

Dans les années 20, de multiples collaborations permettent au peintre de s’ouvrir à d’autres champs de création : la littérature, les spectacles vivants, l’architecture… Fasciné par le cinéma, Léger travaille avec les réalisateurs Abel Gance et Marcel L’Herbier. Surtout, il réalise Le Ballet mécanique (1924), considéré comme « le premier film sans scénario », expérience qui l’incite à reprendre le principe du gros plan dans ses peintures. L’objet, devenu le sujet central de ses œuvres, s’affranchit de la pesanteur dans la série des Objets dans l’espace.

1930-1939

Classicisme et décoratif : le retour à la figure
Reconnu internationalement à partir des années 30, Fernand Léger expose en Europe et aux Etats‑Unis, où il se rend à plusieurs reprises.
Dès cette époque, sa recherche picturale s'écarte de l’esthétique mécaniste pour s’inscrire dans la grande tradition picturale.
Ses œuvres témoignent d’un retour à la figure et du développement de recherches décoratives, en dialogue avec l’architecture.
Dans l’esprit du Front populaire, Léger prend position lors des débats sur la Querelle du réalisme, organisés par Aragon à la Maison de la culture à Paris.
L’année 1937 est marquée par sa participation à l’Exposition internationale des Arts et techniques.

1940-1945

L’exil américain : la couleur en dehors
Au début de la guerre, Léger fuit la France pour New York, « le plus formidable spectacle du monde ». Cette période américaine est particulièrement créative. Avec la série des Plongeurs et des Cyclistes, Léger invente le principe de la couleur en dehors, par lequel il dissocie couleurs et formes. Il enseigne en Californie à Mills College et installe son atelier à New York l’hiver, et à Rouses Point l’été. Il retrouve ses amis exilés comme le compositeur Darius Milhaud et les peintres regroupés dans la galerie de Pierre Matisse.
En 1945, Fernand Léger adhère au parti communiste français et rentre en France. A son retour, il retrouve son atelier rue Notre-Dame-des-Champs et ouvre une nouvelle école à Montrouge, puis à Paris.

1946-1955

Les dernières années. Les projets monumentaux.
A la fin de sa vie, Léger, animé par l’idéal d’un art pour tous, se lance dans de nombreux projets monumentaux, pour des commandes d’art sacré (chapelle d'Assy, église du Sacré-Cœur d’Audincourt…) ou des édifices publics (université de Caracas, palais de l’ONU à New York…).
Foncièrement optimistes, ses séries comme La Grande Parade et La Partie de campagne évoquent le monde des loisirs et les progrès sociaux. L’année 1950 est marquée par la série des Constructeurs, qui fait l’objet de nombreuses études. Son album Cirque est publié par l’éditeur Tériade au même moment. Dès 1949, Fernand Léger descend régulièrement à Biot (Alpes-Maritimes) pour travailler avec l’atelier Brice à des sculptures polychromes en céramique.
Le peintre disparaît le 17 août 1955 à Gif‑sur-Yvette.
En 1960, Nadia Léger, sa veuve, et Georges Bauquier, son assistant, inaugurent le musée national Fernand Léger, sur le terrain acheté par l’artiste, juste avant sa mort, au pied du village de Biot.